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Le Ché’Vou

« Cinérant Restoma(c) »


Quels sont les plaisirs de la vie? Le sexe (voilà, le sujet est traité), l’argent (tout de même pas à négliger, surtout qu’il peut donner accès aux autres plaisirs), la communication, la gastronomie et le divertissement au sens large. Ce sont ces deux derniers qui ont inspiré le Ché’Vou, lieu de délices gustatifs (cult/nourrit-ure).

Par KEVIN BRAZEAU

Il y a certains endroits magiques (lisez donc la chronique de ma collègue Sandrine Fafard Soucy, au sujet des Pas Perdus). De ces lieux où, aussitôt y sommes-nous entrés, notre cœur reste à jamais. On en découvre peu, c’est vrai. Mais ils sont bien là, quelque part, à nous attendre. J’ai eu la chance d’en dénicher quelques uns jusque maintenant. Or, ma dernière rencontre fut idyllique. Venez. Je vous tends la main. Prenez-la et entrons au Ché’Vou.

Je vous ouvre la porte. Elle est lourde : en elle se conserve toute la beauté de la place. Nous entrons, pieds souples sur un tapis rouge digne des galas les plus huppés. Déjà, on nous fait tout un cinéma. Un serveur s’approche. Il nous dit tout d’abord : « Bienvenue chez vous! » On croirait voir un réalisateur : il a un mégaphone (qu’il garde éteint, ne vous en faites pas), un foulard, une barbe, et il nous dirige à travers les différentes pièces après que nous lui ayons annoncé celle où nous désirons passer cette partie naissante de notre journée. C’est qu’à l’entrée, un premier menu nous est proposé. Sur celui-ci, nous pouvons constater l’éventail des possibilités de l’endroit. Ce sont les pièces-thématiques, qui y sont inscrites. Y sont disponibles : Comédie, Drame, Action, Romance, Films Québécois, Films d’auteurs, Série B, Suspense, Aventure, Fait vécu, Fantastique, même Navet, et quelques autres. Notez bien que pour chaque catégorie, il y a les sous-classes (par exemple, pour la comédie, on retrouve « comédie dramatique », « parodie » ou « comédie romantique »… vous voyez le genre). Puis, tous les mois, une salle désignée est consacrée à un film en particulier.

Ce mois-ci, c’est Pulp Fiction (version originale anglaise de Fiction pulpeuse), de Quentin Tarantino. C’est d’ailleurs notre choix, puisque vous aimez Tarantino comme personne et avez honte à mort de n’avoir pas vu ce chef-d’œuvre. Nous nous asseyons et le film commence (quelle chance, étant donné qu’il joue en boucle!). Tout au long de notre visionnage, l’atmosphère nous plonge dans le Jack Rabbit Slim’s, le restaurant fictif où vont manger Mia Wallace (Uma Thurman) et Vincent Vega (John Travolta), dans ce film. C’est tout comme un rêve. La nourriture, même, en plus d’être exquise, rappelle le long-métrage. Les laits-battus, la viande saignante (à l’image de certains personnages…), tout rend hommage à la thématique.

Parenthèse I : le fonctionnement

Le gérant de la place rencontré, je sais maintenant que l’idée est née d’un rêve au cours duquel celui-ci était client de ce genre de paradis culturel et gastronomique. Aussi, je peux comprendre que si les plats sont bien gastronomiques, il est normal que cet adjectif perde son « g » quand arrive l’addition : ils doivent constamment renouveler l’inventaire… même le modifier, quand arrive le nouveau mois. De plus, il faut avoir la permission de diffuser les films, et les droits d’auteurs ne figurent pas dans la liste des dépenses les plus économiques!

Une attention particulière est aussi apportée au personnel engagé. Des exemples? Dans la catégorie « Action », des cascadeurs sont embauchés (ils sont aussi serveurs… cela ajoute au spectacle), dans la catégorie « Romance », on se fait servir en alexandrins et dans la catégorie « Drame », des comédiens de la relève livrent à la fois des performances touchantes… et des brochettes de thon rouge grillées au sésame et au gingembre… oh! salivons!

Et encore! C’est sans compter le décor de la pièce à la thématique changeante, qui doit être entièrement revu, tous les trente jours!

Prenez-en toutefois ma parole, l’endroit pardonne le coût et on en ressort plus riche.

Arrêts hasardeux

Côté décoration, justement, en parcourant les pièces, vous et moi, après notre séance cinéma, nous nous étonnons de la diversité qui les unit. Chacune est isolée par une porte (les portes sont de couleurs différentes), de l’un ou l’autre côté d’un corridor style La Matrice. C’est insonorisé, bien entendu.

Dans « Romance », un parfum de rose (rien de trop beau) flotte allègrement autour des clients, sans provoquer de  nausées. La lumière est poudrée. La pièce n’est pas claire, mais bien pâle. Des colonnes grecques ornent les murs et les chandelles dépareillées font de chaque table un monde doux et berçant.

Dans « Comédie », ni les tables, ni les sièges, ne sont exactement droits (et c’est drôle!). Les serveurs sont farceurs : ils arborent les fameuses « lunettes / gros nez / moustache », nous racontent des histoires drôles et ne nous apportent que rarement ce que nous avons commandé. De façon bien singulière, cela ne devient jamais désagréable.

Les films, quant à eux, dans ces différentes pièces, se suivent et ne se ressemblent que par leur style. Lors d’une journée passée dans « Action », vous pouvez apprécier un Marche ou crève, un James Bond et un Parc Jurassique, par exemple. Que de divertissement!

Parenthèse II : brochette de projets

Bien que le concept tende à devenir fort populaire (la clientèle est en hausse permanente), il y a peu de publicité faite, si cela n’est du bouche à oreille.

Aussi, le gérant du  Ché’Vou aimerait bien que son entreprise connaisse une popularité en dehors du Québec.

L’homme derrière l’idée planifie également d’inaugurer une nouvelle salle sous peu : la « Films français ».

On prend un rendez-vous?

Voilà! Je vous ai fait visiter, manger, visionner un film et tomber en amour. Nous sortons, vous et moi, du Ché’Vou, repus (appétit et intellect) et heureux, charmés et hâtifs, car nous y retournerons sous peu ; c’est sans aucun doute que nous l’affirmons. Nous nous quittons. Vous allez en parler à vos amis, et moi aux miens.

Il y a certains endroits magiques. De ces lieux où, aussitôt y sommes-nous entrés, notre cœur reste à jamais. Le Ché’Vou en est un. Encore faudrait-il l’inventer.

Le Ché’Vou

1111, Rue de l’Espérance

Montréal, Québec

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Plaisir, musique et souvenirs

La galerie-bar spectacle les Pas perdus aux Îles-de-la-Madeleine offre une expérience musicale inoubliable et différente dans un contexte plus qu’enchanteur.

Sandrine Fafard Soucy

Je veux dresser, dans ce qui suivra, un portrait fidèle d’un endroit qui m’a charmé dès les premières secondes. Il faut, pour cela, remonter à il y a un peu plus de deux ans.

C’est l’été, il vente, je sens l’air salin et le roulis incessant des vagues sous l’énorme traversier. J’aperçois au loin les premiers îlots qui forment cet archipel d’une beauté indescriptible au milieu du Golfe du Saint-Laurent. Le paysage est frappant, les collines vertes, parsemées de maisons aux couleurs vives, sont posées comme des chapeaux sur les falaises rouges. Dépaysement total… je suis aux Îles-de-la Madeleine.

Je viens d’arriver, il y a des touristes partout et la seule chose que je cherche, à travers toute cette confusion, est ce sourire familier avec lequel j’ai prévu passer beaucoup de temps et faire un plein inégalable de souvenirs. Satisfaction garantie, ma première soirée se déroule autour d’un feu de camp sur la plage où l’on discute de ce que l’on fera le lendemain. Je n’ai pas vraiment mon mot à dire : ce sera une journée à la plage et un spectacle des Breastfeeders en soirée aux Pas Perdus. Pourquoi pas? Je n’ai jamais vu les Breastfeeders en concert, et puis je ne dis jamais non à un bon spectacle. Je passe donc le reste de la soirée à contempler les étoiles. Je n’en ai jamais vu autant. C’en est presque inimaginable.

Une découverte incroyable

Les Pas Perdus, une galerie-bar spectacle, se situe sur l’Île du Cap-aux-Meules, l’île principale, la première sur laquelle on met les pieds, celle que l’on découvre en arrivant par le traversier. C’est l’endroit idéal pour découvrir l’Écume, une bière savoureuse brassée localement, en bonne compagnie. Les Pas Perdus sont également l’une des rares salles de spectacle que l’on trouve aux Îles-de-la-Madeleine.

J’arrive donc aux Pas Perdus avec des idées de grandeur. J’imagine une salle grande comme le Métropolis, ou même comme le Club Soda. Surprise!, la salle est minuscule, d’une capacité d’environ deux cents personnes. Je ne m’y attendais vraiment pas. La scène est à peine élevée d’un pied et la salle, construite en escalier, est meublée de tables, de chaise et, à mon grand plaisir, de sofas. La petite taille de l’endroit m’impressionne et je succombe tranquillement à ses multiples charmes. L’ambiance calme créée par les lumières tamisées, les murs aux couleurs chaudes ainsi que par les toiles accrochées sur ces derniers me font sentir comme chez moi, c’est chaleureux, accueillant, parfait quoi! Je laisse mon regard vagabonder dans la pièce jusqu’à ce que les Breastfeeders fassent leur entrée sur scène. Une petite foule se rassemble alors devant eux et le spectacle commence. La musique est entraînante et en moins de deux morceaux, le feu est mis au plancher, la foule a quadruplé. Tout le public est debout. Je danse, je m’exclame, je m’emporte, je me délecte… c’est merveilleux. C’est la plus belle soirée de toute ma vie.

Au fil du temps

Depuis ce jour, je suis retournée aux Pas Perdus plusieurs fois. J’ai pu apprécier Malajube, découvrir Grimskunk, danser pendant des heures sur l’électrisante musique de Creature, vibrer avec les Madelinots au son des Bons D’jables et retrouver la poésie d’Émile Nelligan avec Albert Millaire et le tendre, mais ô combien expressif violon d’Anne Robert. Chaque spectacle dégageait une énergie différente, était chargé d’émotions qui me rejoignaient droit au cœur. Voilà ce que les Pas Perdus représente pour moi, une salle où tout peut se côtoyer, s’entremêler, se réinventer. Ce n’est pas un endroit compliqué, on s’y sent à l’aise, et puis durant la saison estivale, touristes et Madelinots se mélangent d’une façon si naturelle qu’on pourrait croire que cela a toujours été ainsi. J’y ai fait des découvertes fabuleuses et des rencontres inoubliables. J’ai essuyé quelques déceptions, mais j’ai toujours conservé de cet endroit des souvenirs magistraux qui ne font que m’inviter, même m’inciter à aller retrouver ce lieu féérique au milieu d’un paradis perdu.

Aujourd’hui

Ce soir, je repense à cette soirée mémorable et les Îles-de-la-Madeleine me manquent atrocement. L’énergie qu’il y avait, cette soirée-là aux Pas Perdus, je ne l’ai jamais retrouvée, ni à Montréal, ni ailleurs. C’était un moment magique qui s’inscrit parmi les soirées les plus délicieuses auxquelles j’ai participé. Je ne sais pas quand je retournerai aux Îles, mais je sais que l’attachement inconditionnel qui me soude à l’archipel y conduira mes pas bien assez tôt, par un désir d’évasion, pour renouer avec les petits plaisirs de la vie madelinienne des Pas Perdus et de tout ce qu’il me reste à découvrir des ineffables Îles-de-la-Madeleine.

Par Olivier Camiré

Dance, peinture murale, artistes émergeants…  immersion dans un environnement énergique et innovant.

Un environnement parfaitement adapté aux besoins des jeunes qui veulent un endroit où exercer leurs talents et pratiquer leurs passions, c’est ce que le Café-Graffiti offre depuis déjà plusieurs années.

C’est en 1997 qu’un local est aménagé sur Ste-Catherine dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve afin de permettre à un groupe de graffiteurs de pouvoir se rencontrer et de pratiquer librement leur art.  Ces jeunes étaient peu conscients que ce geste allait engendrer d’importantes répercussions sur le futur de nombre de leurs pairs, mais aussi sur le développement d’un monde où la puissance créatrice peut se réunir et vivre son épanouissement. En peu de temps, toute une culture s’est jointe au Café créant une dynamique sociale encore jamais vue à Montréal.

En pleine effervescence, le Café rejoint aujourd’hui  non pas seulement  des graffiteurs, mais des danseurs, des artistes-peintres, des chanteurs, des jeunes en quête d’identité, des visiteurs étrangers et bien plus encore.  Cet engouement pour le centre n’est pas un hasard. Il y a des installations qui permettent  à ces artistes d’atteindre leur plein potentiel.  Ce milieu artistique consacre en effet beaucoup d’efforts  afin d’offrir tous les outils nécessaires aux gens qui souhaitent s’initier à une certaine forme d’art  ou bien  travailler un œuvre pour ensuite le partager.  Une galerie expose d’ailleurs nombre d’entre elles et une visite s’impose quand on voit toute la splendeur du génie de la créativité de ces artistes. Des ateliers sont aussi offerts à ceux qui veulent découvrir  les dessous de cette culture. Un représentant du Café, monsieur Daniel Lauzon, m’a d’ailleurs exposé le point suivant : «La galerie est un espace génial pour nos jeunes artistes, elle offre un portail unique pour exposer leurs talents et afficher la réelle valeur des arts de la rue.»  Cette affirmation a soulevé une réflexion de ma part sur la grande utilité que le Café-Graffiti représentait pour beaucoup d’artistes qui désirent exprimer toute leur fureur créative. J’en étais à ma première visite à ce centre,  j’ai alors cherché en à apprendre plus sur le phénomène.

C’est au travers d’un local immergé de dessins colorés et d’âmes créatrices que je poursuis mon exploration.

Le Café-Graffiti est né de la rue, et grandit avec les artistes de la rue. C’est un échange qui ne cesse de créer de la popularité à cet établissement. Des jeunes se découvrent, d’autres s’affichent, et certains foncent et débutent une carrière professionnelle. C’est d’ailleurs ce qui fait la renommée du Café, car en plus d’offrir un espace convivial aux artistes pour discuter, échanger, s’épanouir, il offre aussi d’innombrables services qui font la promotion de cette culture des arts de la rue.

Les services offerts vont des peintures murales intérieures ou extérieures sur commandes, quel que soit l’objet, esthétique ou commerciale. Il y a aussi des danseurs, chanteurs, ou autres performeurs qui fournissent leurs talents pour alimenter démonstrations et spectacles. Le Café-Graffiti gère ces artistes afin de leur donner un soutien incomparable. C’est un tremplin exemplaire pour n’importe quelle artiste qui veut se faire reconnaître en ayant une certaine rémunération pour son travail. De ces jeunes, plusieurs sont que de passages dans cet environnement qu’offre le Café, certains par contre trouve un intérêt particulier pour un certain domaine et entretiennent des démarches pour démarrer leur entreprises. D’autres se poussent à retourner sur les bancs d’école. Bref, le Café-Graffiti accueille toutes sortes de personnes avec différents talents qui ensemble forme un univers des plus bénéfices.

On peut d’ailleurs admirer le travail des gens du Café à travers la métropole. La maison Simons a fait appel aux grands talents de ces jeunes artistes pour réaliser dans son magasin du centre-ville un graffiti des plus éloquents de beauté. Différents hôtels ont demandé à ce qu’on illustre d’œuvres les murs bordant les longs couloirs. Des organisations et évènements reconnaissent aussi ces jeunes artistes.

Ma visite au café-graffiti fut une grande surprise, mais aussi une révélation. Le soutient qu’il apporte aux jeunes artistes collaborent grandement au développement de leurs talents. Plusieurs jeunes trouvent un nouvel art qui changera le parcours de leur vie.  C’est un espace des plus intéressants à visiter à Montréal puisque les arts de la rue font souvent référence à une culture peu et mal connue. Question d’éveiller sa conscience sur une culture et des arts qui font vibrer le démon créateur d’une multitude d’artistes, une visite au Café-Graffiti ne se manque pas. En plus d’être un environnement créatif, c’est un espace d’échanges, de découvertes, de talents;  un milieu de vie arborant les couleurs  des arts de la rue!

        Oui, c’est possible de trouver depuis quatre ans à Montréal, ville reconnue pour ses festivités, un bal masqué érotique célébrant la sensualité. Où? Quand? Combien ça coûte? Je vois ces questions dans vos yeux de lecteurs, mais prenez d’abord le temps de voir si la perspective de l’ambiance de l’an passé vous intéresse.

 

         Une foule d’êtres aussi humains qu’étranges se présentait au club Opéra, 32 Ste-Catherine Ouest, à la mi-août passée. La tenue vestimentaire suggérée pour les hommes consistait en la chemise, le pantalon, le toxédo, le capuchon ou encore le torse nu ou peint. Quant à elle, la gente féminine devait se décorer de capuchons, de corsets, de robes aguichantes, de lingerie, de jupes ou de parties du corps peintes. L’événement étant une mascarade, tous devaient donc couvrir leur visage d’un masque. Toutes les fantaisies vestimentaires étaient bien sûr permises et bienvenues en autant que l’esprit du tapis rouge soit respecté.

 

          À l’intérieur, des corps courbés et recourbés ondulaient en une mer agitée. Les vagues constantes animaient et envenimaient le paysage. Par moments, l’intensité de la situation se faisait si puissante qu’au simple regard, la créature humaine entrant dans l’ambiance tombait sous le charme de la scène voyant les participants en transe grâce au prestige du bal, de sa musique qui fait voyager l’imaginaire et de l’ensorcellement des danseurs masqués. Tout comme au contact visuel de la Méduse dans la mythologie grecque, il devenait impossible à tout mortel d’en détacher son regard. S’agissait-il d’une malédiction ou d’une bénédiction?

 

         Dans tous les cas, personne n’en restait de marbre. Certains durcissaient à vue d’œil tandis que d’autres s’enflammaient tranquillement. L’envie de prendre avec passion grimpait dans l’échelle exponentielle où la sève de l’excitation bouillonnait.

 

        Maintenant que les minutes avaient cédé la place aux heures et que l’alcool, incluant la dégustation gratuite de la nouvelle boisson aphrodisiaque Nexcite, embrasait les corps, certains avaient besoin d’une grande concentration pour continuer à fournir un tel effort d’abstinence. Lâcher, abandonner et s’écrouler ne figuraient pas parmi les options envisageables. Il fallait poursuivre, toujours continuer de l’avant. Danser. Danser encore. Danser toujours. Mais il faisait chaud. Si chaud… L’eau perlait partout. Personne n’était plus sec. Atmosphère désagréable? Que nenni!

 

        Ce genre de situation précède souvent les événements où les râles sont tous aussi fréquents que les cris provenant de diverses profondeurs, mais ce soir, l’interdiction s’imposait. Si tous et chacun rêvaient de connaître sur le bout des doigts chaque fossé, chaque crevasse, chaque grotte qu’offrait ce paysage, le Bal Érotique n’en permettait toutefois que l’excitation.

 

        Carpe diem : profiter du moment présent. C’était la seule règle. En fait, c’était bien plus qu’une simple règle, il s’agissait plutôt d’une devise. En effet, les gens ayant figuré à cet événement savaient pertinemment que ce genre d’expérience ne se reproduisait pas deux fois de la même manière. Il fallait vivre le moment et en quelque sorte le façonner. S’il est un conseil que les participants donneront un jour à autrui, alors ce sera celui-là : Carpe diem.

 

        Et bien sûr à l’évocation de ces mots, chacun d’eux se remémorera non seulement cette magnifique mascarade, mais également la fameuse nuit à l’image de la ville érotique, festive, diverse et ouverte d’esprit qui suivit ainsi que leur participation à une orgie dans un hôtel avoisinant, mais ceci est une autre histoire…

 

        Pour ce qui demeure en rapport à la soirée de la mascarade, l’atmosphère sensuelle restait de bon goût : la troupe du cirque « les 7 doigts de la main » présentait des spectacles presque sans arrêt alors que s’occupait de la musique le célèbre dj Angel Moraes de New York.

 

         Décembre achève. Janvier approche. À vous dont l’une des résolutions sera perdre du poids, voyez en le Bal Érotique à la fois une motivation et un but concret, celui d’y plaire. Votre profession, votre richesse, votre voiture, votre talent de musicien, votre intelligence ni même votre humour ou votre politesse ne seront des atouts pour séduire lors de cet événement estival. Vous ne pourrez compter que sur votre corps, votre façon de danser, votre déguisement et peut-être même votre regard, dépendamment de la lumière. C’est un jeu superficiel, certes, mais également sensuel et érotique qui déterminera si vous avez atteint votre but, car la séduction première est tout aussi superficielle. Conseil : profitez de cette période de réflexions pour ajouter à vos résolutions un cours de danse.

 

        Puisque l’événement évolue à chaque année, vous trouverez prochainement les mises à jour des détails sur le site http://balerotique.com. Pour les curieux, les motivés et tous ceux dont l’orientation sexuelle appartient du domaine de l’humain à l’humain, tous sexes confondus, sachez que le prix du billet se trouve entre 30$ et 50$, dépendamment si vous achetez en ligne ou à la porte.

 

Ian Vallée

 

 

 

SMART DESIGN MART

Ma visite dans une exposition de design ou… comment Alice se glisse dans une serrure pour se retrouver au pays des merveilles…

Par: Dominique LeBrun

Il y en a de ces places, alors que l’on se dirige vers elles, qu’on ne sait pas trop pourquoi on y va.  Le loft industriel loué à l’occasion de l’exposition Smart Design Mart était un de ces endroits.  Je me dirigeai tranquillement vers l’adresse, qui ne semblait pas vouloir se montrer.  Un vent glacial s’abattait alors sur Montréal, faisant redoubler mon sentiment de lassitude quant à ma dépense d’énergie et mon amertume quant à ma spontanéité dans mes choix de sorties.

J’atterris finalement devant un immense immeuble de ciment gris, à l’apparence beaucoup plus près d’un HLM que d’un complexe de design.  Mais bon, tant qu’à être rendue…  Je suis les indications du carton imprimé à faible budget.  Sixième étage, qu’il me dit, ce carton.  Je prends l’ascenseur, qui semble aussi sécuritaire qu’une Lada 1972 exportée à Cuba.

Me voilà au sixième niveau, essayant de trouver les toilettes.  En vain.  Mais comme j’ai en tête de ne faire qu’une brève visite, je peux plier ma vessie en deux le temps de quelques minutes.  Je mets les pieds dans la salle principale.

OUATE DE PHOQUE !

Mon expression faciale devait être celle de Garfield trouvant une pièce remplie de lasagnes.  Oui, Smart Design Mart est une exposition très undergroud, très english où les peoples se rencontrent pour être vus.  Mais je découvris que c’était également un endroit papillotant d’énergie positive et créatrice.  Un DJ à l’entrée s’évertuait sur ses disques platine.  Juste en arrière de lui, et de ses 5 verres vides (on constate le talent de la barmaid), une murale en noir et blanc était en cours.  Les artistes se relayaient pour les coups de pinceaux.  La gouache, les pinceaux, l’eau… tout traînait sur le sol en béton.  J’aurais juré être dans la Factory d’Andy Warhol, en plein centre du quartier industriel de New York.

Des dizaines de tringles hébergeaient temporairement les vêtements des designers exposants.  Les tables étaient remplies de bijoux de toutes sortes.  Des scarabées en or, des plumes de paon, des cadrans en contre-plaqué, des foulards peints à la main ou tricotées, longues de trois mètres.

Des tapis pour enfant où l’on pouvait distinguer une langue au milieu d’une bouche, des souliers vintage turquoise en fake wanna be peau de crocodile, des abat-jour en pierres tombales, des sérigraphies reprenant le style de Lichtenstein, des taies d’oreiller brodées de perles multicolores.

Il y avait de tout.  Tout.  Tout.  Tout.  T-O-U-T.  Les différents exposants, dans une ambiance très amicale où la compétition était petite dans ses culottes, parlaient ensemble, faisaient le tour des autres expositions.  L’espace de chacun étant délimité par du ruban de couleur apposé au sol, les rires invitants et sincères fusant de chaque bouche, l’absence de machine interact… toutes formalités capitalistes étaient exclues du concept Smart Design Mart.

Finalement, je revins également le lendemain.  Histoire d’être sûr de ne pas avoir été bernée par une première impression plus que renversante.  Mais non!  C’était le même univers artistique, énergisant, éclectique, resplendissant.

Je me suis dis que ça fait du bien de voir tout ça… un endroit où les gens vont pour s’amuser, pour afficher au grand jour le talent, pour émerveiller et pour faire rêver sans attendre quoi que ce soit de profitable ou de monétaire en retour.

Je me dis que ça existe encore et ça me coupe le souffle rien que d’y penser.

Une nuit avec les morts

«L’hiver est un éternel enfer de froid ou même le diable en personne n’oserait se manifester. L’été brûle notre peau et la vermine se propage à travers les cellules. Hommes, femmes, enfants, nous sommes tous enfermés ici. Pour notre folie, nos crimes ou parce que la justice l’a voulu. » -Prisonnier, anonyme.

Ottawa, Ontario, Canada, dans cette même ville qui est notre capitale nationale, se trouve une prison renfermant plus d’une histoire. Plusieurs meurtriers furent enfermés à l’intérieur de celle-ci et la plupart d’entre eux furent pendus devant le public. Par consensus de la population, les exécutions devinrent interdites au public pour le respect des familles. Elle fut le lieu d’emprisonnement de plusieurs détenus fameux tel que Patrick James Whelan et plusieurs autres. La Carleton County Gaol est un des lieux les plus hantés au Canada et même les personnes y travaillant ont eu plus d’une fois peur.

En 1862, la Carleton Country Gaol ouvre ses portes. Hommes et femmes furent séparés pour qu’il n’y est pas de problème. La prison avait des qualités de vie à un niveau tellement bas que même les sans-abris avaient de la chance de ne pas y être. Elle fut déclarée la prison exemplaire de son temps, car les prisonniers la détestaient. Il n’y avait presque rien à faire à l’intérieur de cette prison. Si l’un d’entre eux était chanceux, il pouvait sortir à l’extérieur pour couper du bois ou déblayer la neige. Par contre, tout le reste des prisonniers passaient leur temps à attendre dans les corridors  à attendre la nuit pour retourner à leur cellule et dormir. «Les cellules étaient petites, inconfortable, insalubre, sans chauffage, ni ventilation, ni lumière et même sans toilette.» Cet extrait est tiré du site officiel de la prison et démontre bien la qualité de vie moindre qu’avait un prisonnier habitant cette prison.

En 1972 la prison fut fermée, mais celle-ci étant un lieu propice à l’établissement d’une auberge de jeunesse. Après certaines améliorations nécessaires, dû au nombreux défaut de l’établissement, une auberge de jeunesse y fut construite. Encore de nos jours nous pouvons aller visiter et dormir à cet endroit. Il y a aussi une activité touristique appelée «The Haunted Walk» où un guide nous fait visiter la ville en nous racontant  plusieurs histoires de meurtres et de fantômes qui ont eu lieu dans la capitale. Bien sûr, la visite se rapporte à la prison, car plusieurs phénomènes paranormaux y sont survenus et ceux-ci le font même encore aujourd’hui.

L’un des plus fréquents est aussi l’un les plus terrifiants, grâce auquel, la possibilité de dormir dans le couloir de la mort fut abolie. Il y avait un spécial offert, qui était : Si vous dormez toute une nuit dans le couloir de la mort, alors votre nuit à l’auberge est gratuite. Par contre, aucune personne ne fut capable d’y dormir. À chaque fois qu’il y avait quelqu’un relevant ce défi, la personne quittait sa cellule en plein milieu de la nuit, criant de tous ses poumons. Cela réveillait toute l’auberge et le réceptionniste dut entendre à chaque fois la même histoire. La personne se réveillait sentant quelque chose assis au bout de son lit. Ouvrant les yeux et portant un regard sur celui-ci, la personne voyait le spectre d’un mort. Ce fantôme tenait dans ses mains une bible, car la dernière chose qu’un condamné reçoit avant de mourir, c’est la visite d’un prêtre afin que celui-ci soit pardonné. Cette histoire se répéta indéfiniment jusqu’à l’interdiction de chambrer au couloir de la mort.

Pour un prix raisonnable, j’ai passé une nuit à dormir à cette auberge et j’en ai eu des frissons. Les histoires sont effrayantes, mais il faut garder l’esprit ouvert. Si vous êtes sceptique à propos du surnaturel, alors ce n’est pas un lieu pour vous. Une expérience incroyable que de dormir derrière les barreaux justes de l’autre côté du couloir de la mort. Je ne pense pas que j’aurais pu vivre un aussi grand stress en étant seul, dans ma cellule, connaissant les histoires qui se sont passées à cet endroit. Le temps passa très rapidement, car plusieurs histoires nous fûmes racontés. La nourriture que nous nous sommes fait imposé était la même que l’on donnait aux prisonniers, qui étaient bien nourris malgré tout. Ce vestige des temps anciens m’a permis de me rapprocher des temps passés. Tout cela est sans parler de tout ce que l’on peut apprendre des histoires de peur.

Le grincement éternel des portes et les bruits de pas se faisant entendre dans tout le bâtiment m’empêchèrent de m’endormir sur le coup. Dans le royaume des rêves, je fus confronté à divers cauchemars en rapport avec la prison. Ce lieu aux caractéristiques ordinaires à une prison renferme une tonne de choses à découvrir. C’était mon envie louche de cette semaine et je vous laisse sur vos envies.

-Henri

La Loucherie Blanche

L’impuissance de l’idée

Fin de session, peu d’heures de sommeil, examen à chaque jour, étude, projet à remettre, projet à faire… Nous souffrons tous de cette fin de session, car oui je suis un petit cégépien.

Tout au long de ma session, je pensais pouvoir m’en sortir en n’étudiant point… J’avais tort! Eh… bel et bien que je me suis fais avertir, je n’ai pas écouté les conseils qui m’étaient donnés. Maintenant, devant vous, tout le monde, fier lecteur de mon blogue déserté, je vais vous expliquer mon syndrome de la loucherie blanche.

Perte d’idées, tête ailleurs, se sont les premiers syndromes de la loucherie blanche. Cela ressemble étrangement avec le syndrome de la page blanche, mais peut dégénéré en maladie irréversible. Les personnes à l’esprit faible, non pas les simples d’esprits, mais plutôt comme la santé. Les personnes au système immuno-intello-absurdotaire faible ont beaucoup plus de chance de souffrir éternellement de ce syndrome. Il n’y a pas de vaccin, il n’y a pas de remède et il n’y a pas de granule pour se guérir.

J’ai tenté, même en me tirant les cheveux et en m’écrasant une cigarette sur ma peau, que Dominique venait de s’allumer, de vous trouver une loucherie cette semaine. Par contre, j’ai eu la brillante idée de vous parler de mon état actuel de santé absurde. Impuissant devant cette maladie, je ne sais quoi écrire. Je ne comprends pas non plus pourquoi je me suis donné comme défi d’écrire un article sur un sujet louche par semaine. Dans tous les cas, les personnes qui me supportent le font d’une manière admirable et je les en remercie. Après plusieurs éternelles minutes à chercher comment résoudre mon problème, je me suis résolu, car j’étais le problème.

À qui de droit,  voici comment j’ai décidé de résoudre mon problème. Chaque jour je tourne sur moi-même en priant pour perdre ma raison et retrouver mon absurdité. Ensuite, je danse avec une peau d’ours jusqu’à ce que je vois des formes géométriques de couleurs. Finalement, je m’assis sur un fauteuil de couleur lilas tout en chantant «Incomplete» des «Backstreetboys». J’ai entrepris cet entraînement spécial hier et je prévois recommencer chaque jour tant que je suis sous le syndrome de la loucherie blanche.

C’est déjà tout pour cette semaine, ne laisser jamais le louche se perdre et protéger le jusqu’au bout. Ne baisser pas les bras devant le prévu et ne manger jamais du thaï avant  de chercher du louche. Très mauvaise idée… Au plaisir de vos loucheries, votre serviteur et bourreau.

-Henri