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Archive for the ‘Mu-zi-que’ Category

Moby à Montréal

Découverte de l’artiste musical aux talents multiples

Par Ian Vallée

 

        Le 26 septembre dernier, la musique de Moby me transcendait au Métropolis, un sourire illuminant mon visage épaté de cette découverte d’un samedi soir.

 

        « Merci Beaucoup! » Même s’ils ne sont que les seuls mots en français de l’artiste, ils semblent toutefois prononcés de façon si singulière dans la bouche anglophone de Moby. C’est suite à sa propre constatation d’un public très à l’écoute que le personnage les articule en apparence tout à fait sincère lors du spectacle, chanson après chanson.

 

        Moby est un chauve qui crée des mélodies extraordinaires, mélangeant les genres et offrant des spectacles fabuleux à découvrir. Son rôle sur scène est aussi polyvalent que sa musique est hétéroclite. Moby chante bien, joue de la guitare, de la base, du tambour ainsi que du clavier de piano électronique. Il claque même des mains! En fait, le seul membre de son groupe qui garde son propre instrument tout au long du spectacle, c’est le batteur.

 

        C’est sous les vibrations sonores de musique électronique, de pop, d’ « ambient » et de gospel que je fis la découverte de cet homme doué au Métropolis, le 26 septembre dernier, lors de son passage à Montréal. Le spectacle en soi, ne serait-ce que du jeu de lumières, valait ce maigre investissement de 36,50$. Jamais je ne vis de couleurs aussi percutantes, aussi vives, aussi belles éclairer une scène. La foule ne fut pas mise de côté non plus lorsque je vis cette marée de mains tenter d’attraper les faisceaux laser. Une quantité impressionnante de bras bleus sautillant joyeusement s’étaient rassemblés. C’est à croire que la noblesse appréciait le spectacle.

 

        La salle était grande, la foule était dense et la chaleur très supportable. Imaginez-vous debout dans un bain de personnes âgées entre 18 et 50 ans. Sautez maintenant du sol et couchez vous le dos sur un lit de doubles croches. Flottez sur des airs musicaux qui vous emmènent dans de lointains pays. Prenez la clef. Changez d’atmosphère. Contournez les rondes. Évitez les si. Puis, atterrissez dans un autre domaine musical. Dépensez toute l’énergie de votre corps dans un rythme du tonnerre. Éventrez ce stress accumulé. Défoulez-vous, c’est un ordre. N’inspirez pas. Expirez toute votre adrénaline. Frappez avec férocité la peau tendue du tambour quotidien. Voilà, vous y êtes presque. Il ne reste qu’à chanter audacieusement vos impressions aux cieux pour ensuite admirer la beauté des choses simples et vous comprendrez en partie l’univers musical dans lequel j’ai baigné en cette soirée.

 

        Moby offre une expérience festive, éblouissante, impressionnante, agréable et diversifiée.  Les moments d’émerveillement laissent place à ceux qui décoiffent. Les anecdotes entre les pièces musicales sont courtes et ont du punch. Sourire devient rapidement une activité contagieuse accompagnant la contemplation et la participation lors de ce rendez-vous de trois heures. Plaisir garantie ou commentaires émis.

 

        Si vous êtes à la recherche d’une activité de soirée qui ne vous procurera pas d’acouphène, que vous aimez la musique, faire des découvertes et que les parterres ne vous répugnent pas alors surveillez les dates prochaines du passage de Moby et de ses musiciens dans les parages.

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Plaisir, musique et souvenirs

La galerie-bar spectacle les Pas perdus aux Îles-de-la-Madeleine offre une expérience musicale inoubliable et différente dans un contexte plus qu’enchanteur.

Sandrine Fafard Soucy

Je veux dresser, dans ce qui suivra, un portrait fidèle d’un endroit qui m’a charmé dès les premières secondes. Il faut, pour cela, remonter à il y a un peu plus de deux ans.

C’est l’été, il vente, je sens l’air salin et le roulis incessant des vagues sous l’énorme traversier. J’aperçois au loin les premiers îlots qui forment cet archipel d’une beauté indescriptible au milieu du Golfe du Saint-Laurent. Le paysage est frappant, les collines vertes, parsemées de maisons aux couleurs vives, sont posées comme des chapeaux sur les falaises rouges. Dépaysement total… je suis aux Îles-de-la Madeleine.

Je viens d’arriver, il y a des touristes partout et la seule chose que je cherche, à travers toute cette confusion, est ce sourire familier avec lequel j’ai prévu passer beaucoup de temps et faire un plein inégalable de souvenirs. Satisfaction garantie, ma première soirée se déroule autour d’un feu de camp sur la plage où l’on discute de ce que l’on fera le lendemain. Je n’ai pas vraiment mon mot à dire : ce sera une journée à la plage et un spectacle des Breastfeeders en soirée aux Pas Perdus. Pourquoi pas? Je n’ai jamais vu les Breastfeeders en concert, et puis je ne dis jamais non à un bon spectacle. Je passe donc le reste de la soirée à contempler les étoiles. Je n’en ai jamais vu autant. C’en est presque inimaginable.

Une découverte incroyable

Les Pas Perdus, une galerie-bar spectacle, se situe sur l’Île du Cap-aux-Meules, l’île principale, la première sur laquelle on met les pieds, celle que l’on découvre en arrivant par le traversier. C’est l’endroit idéal pour découvrir l’Écume, une bière savoureuse brassée localement, en bonne compagnie. Les Pas Perdus sont également l’une des rares salles de spectacle que l’on trouve aux Îles-de-la-Madeleine.

J’arrive donc aux Pas Perdus avec des idées de grandeur. J’imagine une salle grande comme le Métropolis, ou même comme le Club Soda. Surprise!, la salle est minuscule, d’une capacité d’environ deux cents personnes. Je ne m’y attendais vraiment pas. La scène est à peine élevée d’un pied et la salle, construite en escalier, est meublée de tables, de chaise et, à mon grand plaisir, de sofas. La petite taille de l’endroit m’impressionne et je succombe tranquillement à ses multiples charmes. L’ambiance calme créée par les lumières tamisées, les murs aux couleurs chaudes ainsi que par les toiles accrochées sur ces derniers me font sentir comme chez moi, c’est chaleureux, accueillant, parfait quoi! Je laisse mon regard vagabonder dans la pièce jusqu’à ce que les Breastfeeders fassent leur entrée sur scène. Une petite foule se rassemble alors devant eux et le spectacle commence. La musique est entraînante et en moins de deux morceaux, le feu est mis au plancher, la foule a quadruplé. Tout le public est debout. Je danse, je m’exclame, je m’emporte, je me délecte… c’est merveilleux. C’est la plus belle soirée de toute ma vie.

Au fil du temps

Depuis ce jour, je suis retournée aux Pas Perdus plusieurs fois. J’ai pu apprécier Malajube, découvrir Grimskunk, danser pendant des heures sur l’électrisante musique de Creature, vibrer avec les Madelinots au son des Bons D’jables et retrouver la poésie d’Émile Nelligan avec Albert Millaire et le tendre, mais ô combien expressif violon d’Anne Robert. Chaque spectacle dégageait une énergie différente, était chargé d’émotions qui me rejoignaient droit au cœur. Voilà ce que les Pas Perdus représente pour moi, une salle où tout peut se côtoyer, s’entremêler, se réinventer. Ce n’est pas un endroit compliqué, on s’y sent à l’aise, et puis durant la saison estivale, touristes et Madelinots se mélangent d’une façon si naturelle qu’on pourrait croire que cela a toujours été ainsi. J’y ai fait des découvertes fabuleuses et des rencontres inoubliables. J’ai essuyé quelques déceptions, mais j’ai toujours conservé de cet endroit des souvenirs magistraux qui ne font que m’inviter, même m’inciter à aller retrouver ce lieu féérique au milieu d’un paradis perdu.

Aujourd’hui

Ce soir, je repense à cette soirée mémorable et les Îles-de-la-Madeleine me manquent atrocement. L’énergie qu’il y avait, cette soirée-là aux Pas Perdus, je ne l’ai jamais retrouvée, ni à Montréal, ni ailleurs. C’était un moment magique qui s’inscrit parmi les soirées les plus délicieuses auxquelles j’ai participé. Je ne sais pas quand je retournerai aux Îles, mais je sais que l’attachement inconditionnel qui me soude à l’archipel y conduira mes pas bien assez tôt, par un désir d’évasion, pour renouer avec les petits plaisirs de la vie madelinienne des Pas Perdus et de tout ce qu’il me reste à découvrir des ineffables Îles-de-la-Madeleine.

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